Comprendre Medjugorje : Regard historique et théologique
Référence
Daria Klanac, Comprendre Medjugorje : Regard historique et théologique, avec la collaboration du théologien Arnaud Dumouch, Informativni centar Mir, Medjugorje, en coédition avec les Éditions Sakramento, Paris, 2008 [ISBN 978-2-915380-19-4 & 978-9958-36017-6], préface de l'éditeur, pages 5 à 8.
Ce livre existe de manière légitime et dans une totale obéissance à l'Église. En effet, le jugement de l'Église sur Medjugorje reste en «suspens» avant plus ample information. Les trois documents suivants manifestent clairement l'état actuel du jugement de l'Église qu'on peut résumer en deux points:
1) Actuellement, et tant que l'apparition ne sera pas terminée, le jugement sur Medjugorje est suspendu (en attente).
2) Il n'y a pas désobéissance à aller en pèlerinage, à condition de ne pas faire croire que l'apparition est reconnue. Actuellement, dix franciscains font partie de l'équipe pastorale de Medjugorje. Ils sont tous confirmés par l'évêque de Mostar et possèdent la juridiction canonique.
Ce livre vise donc à participer au débat ouvert et c'est en toute légitimité et connaissance de cause qu'un théologien y a collaboré. Ce ne serait pas le cas si l'Église, par l'autorité légitime (la conférence des évêques de l'Ex-Yougoslavie), avait définitivement fermé le débat.
CONGREGATIO PRO DOCTRINA FIDEI
Cité du Vatican, Palais du Saint-Office
Le 26 mai 1998
À Son Excellence Mgr Gilbert Aubry,
Évêque de Saint-Denis de la Réunion
Excellence,
Par lettre du 1er janvier 1998, vous soumettiez à ce Dicastère diverses questions concernant la position du Saint-Siège et de l'Évêque de Mostar à propos desdites «apparitions» de Medjugorje, des pèlerinages privés et du soin pastoral des fidèles qui se rendent dans ce lieu.
À cet égard – tandis que je considère impossible de répondre à chacune des demandes faites par votre Excellence –, je tiens avant tout à préciser que ce n'est pas l'usage du Saint-Siège d'assumer, en première instance, une position propre vis-à-vis de supposés phénomènes surnaturels. Ce Dicastère, pour cela, en ce qui concerne la crédulité des «apparitions» en question, s'en tient simplement à ce qui a été établi par les évêques de l'ex-Yougoslavie dans la déclaration de Zadar du 10 avril 1991: «… sur la base des investigations jusqu'ici conduites il n'est pas possible d'affirmer qu'il s'agisse d'apparitions ou de révélations surnaturelles.» Après la division de la Yougoslavie en diverses nations indépendantes, il appartiendrait maintenant aux membres de la Conférence Épiscopale de la Bosnie-Herzégovine de reprendre, éventuellement, en examen le cas, et d'émettre, le cas échéant, de nouvelles déclarations.
Ce que S. É. Mgr Peric a affirmé dans une lettre au Secrétaire Général de Famille Chrétienne, dans laquelle il a déclaré: «… ma conviction et position n'est pas seulement “non constat de supernaturalitate” mais également celle de “constat de non supernaturalitate” des apparitions ou révélations de Medjugorje», doit être considéré expression d'une conviction personnelle de l'évêque de Mostar, lequel, en tant qu'Ordinaire du lieu, a toujours le droit d'exprimer ce qui est, et demeure, un avis qui lui est personnel.
[p. 7]En ce qui concerne les pèlerinages à Medjugorje qui se déroulent de manière privée, cette Congrégation retient qu'ils sont permis à condition qu'ils ne soient pas considérés comme une authentification d'événements en cours et qui demandent encore un examen par l'Église.
Espérant avoir donné une réponse satisfaisante au moins aux principales questions posées par vous-même à ce Discatère, je vous prie, Excellence, d'agréer l'expression de mes sentiments les plus dévoués.
Mgr Tarcisio Bertone
(Secrétaire de la Congregatio
présidée par le Cardinal Ratzinger)
Le 26 mai 1998
Interview du Cardinal Schönborn, Archevêque de Vienne à Lourdes, juillet 1998; le commentaire du Cardinal Schönborn éclaire ce document de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.
«La lettre de l'archevêque Bertone à l'évêque de La Réunion éclaircit de manière satisfaisante ce qui a toujours été l'attitude officielle de la hiérarchie ces dernières années vis-à-vis de Medjugorje, à savoir qu'elle laisse sciemment l'affaire pendante. “Le caractère surnaturel n'est pas établi”, tels ont été les termes employés par l'ancienne conférence épiscopale de Yougoslavie à Zadar (1991). Il s'agit bien là d'une formulation qui laisse sciemment l'affaire pendante. Il n'a pas été dit que le caractère surnaturel est solidement établi, donc prouvé ou démontré. Il n'a pas été nié ou exclu non plus que les phénomènes puissent être de caractères surnaturels. Il est certain que le magistère de l'Église ne se prononcera pas définitivement tant que dureront les phénomènes extraordinaires sous forme d'apparitions ou sous d'autres formes. Mais c'est la mission des bergers que de promouvoir ce qui grandit, de favoriser les fruits qui se manifestent, de protéger si [p. 8]besoin est des dangers qu'il y a partout évidemment. À Lourdes aussi il faut veiller à ce que le don originel de Lourdes ne soit pas étouffé par des développements malheureux. Medjugorje non plus n'est pas invulnérable. C'est pourquoi il est ou il serait si important que les évêques aussi prennent très ostensiblement sous leur sauvegarde la pastorale de Medjugorje afin que soit protégé de possibles développements malheureux ce qu'il y a en ce lieu comme fruits manifestes.
«Je crois que les paroles de Marie à Cana “Faites ce qu'il vous dira!” constituent la substance de ce qu'Elle dit tout au long des siècles. Marie nous aide à entendre Jésus et désire de tout son cœur et de toutes ses forces que nous fassions ce qu'Il nous dit.
«C'est ce que je souhaite aux communautés de prière qui se sont formées à partir de Medjugorje, c'est ce que je souhaite à notre diocèse et à l'Église d'Autriche.»
Ces deux documents sont les derniers à ma connaissance concernant la position officielle de l'Église.
Le 21 mars 2008, le journaliste Ivan Tolj a interviewé le cardinal Puljic, archevêque de Sarajevo, pour le quotidien croate Vecernji list. À la question de savoir s'il était vrai que Medjugorje allait être à nouveau examiné, le cardinal a répondu:
«Notre Conférence des évêques n'a pas discuté de ce sujet, parce que le phénomène de Medjugorje dépasse nos compétences. Au moment où le Saint-Siège prendra une décision et donnera des directives, alors nous examinerons ce que nous devons faire. C'est pourquoi il est inutile de spéculer avant d'avoir des instructions concrètes. Après le travail de la Commission, la Conférence des évêques a déjà décidé de l'accompagnement pastoral du phénomène. Il n'y a rien de nouveau depuis la mise en œuvre de la première décision de la Conférence des évêques sur le phénomène de Medjugorje.»
L'éditeur