Comprendre Medjugorje : Regard historique et théologique — Entretien avec le théologien Arnaud Dumouch

Les recherches scientifiques

Daria Klanac, Comprendre Medjugorje : Regard historique et théologique, avec la collaboration du théologien Arnaud Dumouch, Informativni centar Mir, Medjugorje, en coédition avec les Éditions Sakramento, Paris, 2012, 2e éd. (1re éd. 2008, ISBN 978-2-915380-19-4 & 978-9958-36017-6), entretien avec le théologien Arnaud Dumouch, pages 154 à 155.
 

 

[p. 154] 

Les recherches scientifiques

Daria Klanac : Plusieurs équipes médicales multidisciplinaires[34] ont étudié avec sérieux le phénomène de Medjugorje, notamment le docteur Henri Joyeux. L’Église tient-elle compte des expertises, recherches et conclusions scientifiques ?

Arnaud Dumouch : Absolument, c’est même un critère essentiel (lié au critère 3, les miracles) qui précèdera le discernement final. Mais l’Église a une manière très précise de discerner: les extases, visions, stigmates, lévitations, etc. ne sont absolument pas suffisants pour sa décision finale, car ce sont de simples prodiges (et non des miracles); autrement dit, pris en eux-mêmes, ils peuvent avoir plusieurs causes (selon les cas): Dieu, anges, démons, psychisme.

Voici la différence entre prodiges et miracles:

Les prodiges ont une cause naturelle (psychologique, scientifique, angélique). Le prodige ne s’oppose pas aux lois de la nature.

Exemple de prodiges: un cancer qui guérit en trois mois, progressivement; Sissi impératrice qui, grâce à son bon moral, se [p. 155]remet de la tuberculose. Les phénomènes de télépathie, de télékinésie. Le spiritisme semble un prodige dont la cause est angélique (les anges mauvais).

Le miracle, à la différence du prodige, ne peut être attribué qu’à Dieu seul. Il s’oppose aux lois fondamentales de la physique ou de la biologie. Il implique toujours une puissance infinie qui dépasse la puissance des anges ou du psychisme humain.

Exemples de miracle en fonction de la loi de la nature contredite:

Premier principe de la nature: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » La guérison, à Lourdes, de Jeanne Frétel qui voit son intestin réapparaître brusquement, « en un éclair » dit-elle (il lui avait été retiré en grande partie suite à un cancer).

Principe de l’inertie: « Aucun mouvement physique ne peut être instantané. » La guérison, à Lourdes, de Jeanne Frétel qui voit, instantanément, son intestin réapparaître.

Second principe de la thermodynamique: « Tout corps isolé perd de l’énergie. » Marthe Robin qui reste quarante ans sans manger ni boire. C’est physiquement et biologiquement contre nature.

La résurrection d’un mort en état de décomposition est le plus grand miracle au plan de la biologie. C’est d’ailleurs pour les théologiens l’exemple typique du miracle au point que Jésus l’utilisa pour prouver aux théologiens juifs sa mission divine. Lazare ne peut avoir été ressuscité par un prodige satanique, mais par Dieu seul.

 

34. Voir annexe II, p. 219. [↩]

 

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